Cholesterol - Partie 3 : lecture d'une analyse sanguine - cholesterol et musculation
Lire la feuille de résultats d’analyse:
Les différents termes employés pour indiquer vos résultats d'analyse sont standardisés et utilisés par l'ensemble des laboratoires.
- Exploration d'une anomalie lipidique: il s'agit du terme générique servant à décrire la recherche du cholestérol et des graisses dans votre sang.
- Aspect du sérum: il peut aider votre médecin à établir un diagnostic.
- Cholestérol total : il s'agit du cholestérol qui est présent dans votre sang et le chiffre indiqué correspond à la somme du bon et du mauvais cholestérol.
- Cholestérol- HDL (ou HDL- cholestérol) : c'est la valeur donc du bon cholestérol
- Cholestérol -LDL(ou LDL- cholestérol) : c'est la valeur du mauvais cholesterol
- Triglycérides : autres graisses fabriquées à partir du sucre et de l’alcool
Pour évoquer les anomalies des taux de cholestérol ou de triglycérides votre médecine parle de «dyslipidémies»
Dosage du taux de cholestérol
C'est l'analyse d'un échantillon sanguin obtenu lors d'une prise de sang classique dans votre laboratoire d'analyse médicale habituel.
On parle de bilan lipidique pour indiquer un dosage complet de l'ensemble des graisses du sang(cholestérol, triglyrcérides, Hdl et ,Ldl)
Exemple de résultats d'un bilan lipidique complet :
22/11/2010- Bilan lipidique complet de M. Jean X
Biochimie
Aspect du sérum à + 40°C Limpide
Cholestérol total 2,8g/l (VR:1,50 à 2,50)
Cholestérol HDL 0,4g/l (VR:0,40 à 0,90)
Cholestérol LDL calculé 2g/l
- En l’absence de facteurs de risque : la valeur cible du cholestérol LDL est fixée à 2,2 g/litre.
- Avec un facteur de risque LDL doit être <1,9g/l
- Avec deux facteurs de risque LDL doit être <1,6g/l
- Avec trois facteurs de risque LDL doit être <1,3g/l
- Avec une maladie coronaire patente LDL doit être <1g/l
Facteurs de risques cardiovasculaires tels qu’ils ont été énoncé par l’AFSSAPS (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) :
-
être un homme de plus de 50 ans, ou une femme de plus de 60 ans,
-
compter un antécédent de maladie coronaire (angine de poitrine, infarctus du myocarde) précoce chez un parent du premier degré (homme de moins de 55 ans, femme de moins de 65 ans),
-
fumer ou avoir arrêté de fumer depuis moins de 3 ans,
-
souffrir d’une hypertension artérielle (traitée ou non)
-
souffrir d’un diabète de type 2 (traité ou non) = c’est à dire le diabète qui ne nécessite pas l’administration d’insuline
-
avoir un « bon cholestérol » HDL inférieur à 0.40 g/l(quel que soir le sexe),
-
Si le bon cholestérol HDL est supérieur à 0.60 g/l, (facteur protecteur) on compte un facteur de risque en moins.
Rapport chol.total/HDL 7 (VR: < à 5,0)
Trigycérides 2g/l (VR: 0,40 à 1,20)
Commentaire: Bilan lipidique perturbé avec cholestérol total et LDL- cholestérol élevés.

Que faut-il faire?
Le bilan lipidique peut être réalisé à titre de dépistage. Si votre médecine le juge normal, vous ne devrez pas refaire de bilan avant cinq ans, sauf si vos habitudes alimentaires changent, si votre poids augmente fortement ou si d'autre facteurs de risque cardiovasculaire apparaissent (diabète, hypertension artérielle,etc.).
Si le rapport cholestérol total/HDL est supérieur à 5, le risque relatif coronarien est multiplié par 20.
Si le bilan est jugé anormal, votre médecin peut vous demander d'en refaire un pour confirmer le diagnostic de dyslipidémie. Il est important de conserver vos analyses de cholestérol, qu’elles soient normales ou non.
Cholestérol et musculation
Un entrainement de musculation n'engendre pas de réel baisse de cholestérol qui est ne l'oublions pas indispensable au fonctionnement des cellules. Par contre un entraînement intense étalé sur plusieurs jours par semaine déclenche un traumatisme qui induit une baisse du taux de cholestérol. Cette chute du taux de cholestérol est le reflet d'une consommation excessive par les muscles.
(L'hormone sexuelle mâle la testostérone chute aussi après un entrainement de musculation.)
Le Cholestérol alimentaire faciliterait le prise de masse musculaire :
Une étude américaine a été réalisé sur un groupe de personnes qui pratiquait un entrainement de musculation 3 fois par semaines .Le constat est que ceux qui consomment plus de cholestérol ont gagné plus de force.
Un des auteurs de l'étude indique que le cholestérol pourrait jouer un rôle dans la récupération des muscles après l'effort, grâce à son action positive sur le processus d'inflammation.
Une autre étude a montré qu'une consommation de cholestérol supérieure à environ 5mg par kilo induit un gain musculaire de prés de 2 kilo et une prise de force de près de 80%.
Les sujets avec un plus bas niveau de cholestérol ont connu une augmentation de 35% de là croissance musculaire. Ceux qui au contraire avec un taux élevé de cholestérol ont connu une hausse de prés de 70%.
Ce qui compte en réalité c'est la consommation de graisses sur l'apport journalier. Comme le cholestérol est un précurseur d'hormones puissantes notamment la testostérone on peut penser qu'il est étroitement lié à la croissance musculaire.
Ce qui est logique car un taux testostérone élevé induit un entrainement beaucoup plu intensif donc un plus grand catabolisme et par conséquent une plus grande surcompensation.
Donc même en régime il est indispensable de ne pas négliger les lipides. Le cycle hormonal en dépendra.
Pour bénéficier d'un apport optimal on consommera par exemple dans le repas post-entrainement des œufs entiers pour palier au déficit et à la chute brutale du cholestérol induit par un entrainement intensif. (On peut tout a fait coupler blanc de poulet par exemple et œuf entier, ce n'est que mieux sur la qualité de la valeur biologique).
Les Statines et le bodybuilding:
Comme nous l'avons vus précédemment les Statines empêchent la fabrication du cholestérol en bloquant l'enzyme.
Les effets secondaires des statines les plus souvent observés sont la douleur musculaire et la faiblesse musculaire. Les fabricants de statines n’hésitent pas à le faire remarquer sur les boîtes des médicaments.
Les douleurs musculaires subies par les statines ont souvent lieu aux épaules, dans la mâchoire ou dans les jambes. Ces douleurs musculaires sont des symptômes en général de décomposition des muscles qui survient dans le corps à cause des effets secondaires des statines. La «rhabdomyolyse» est le terme médical pour désigner la destruction de cellules musculaires, qui a pour conséquence la libération des contenus de fibres musculaires dans la circulation sanguine.
Les bodybuilders (dopés) utilisent donc ces effets pour permettre une croissance musculaire beaucoup plus importante. En partant du principe que plus le catabolisme sera augmenté, plus la surcompensation ( récupération et construction et donc gain de muscle ) sera importante, ils utilisent les Statines pour accentuer le catabolisme généré par l'entraînement et ils comptent sur d'autres substances dopantes pour renforcer la croissance. Ces pratiques sont bien entendu très dangereuses car elle faussent la régulation naturelle du taux de cholesterol et les analyses sanguines de ces athlètes qui se mettent déjà en danger en utilisants des substances (apport de testosterone exogène par exemple) qui font également chuter fortement le taux de HDL et conduisent à des risques cardio-vasculaires.
Ce qu'il faut retenir c'est qu'il ne faut jamais négliger le cholestérol et donc les lipides alimentaires dans le domaine du sport (surtout les acides gars que le corps ne peut pas fabriquer). Dans le domaine de la santé l'équilibre alimentaire ainsi que l'hygiène de vie est primordial pour éviter toute complications et palier tout problème cardiovasculaire. Nous reviendrons d'ailleurs prochainement sur l'importance des acides gras essentiels.
Sportivement Vôtre
H.Sekkiou
Avec les conseils du Docteur Guy Puydoyeux
Point information mensuel de l'Assurance maladie du 19 octobre 2007 ; Etude Medic'Assurance maladie du 7 juin 2007.
Efficacité et efficience des hypolipémiants. Une analyse centrée sur les statines. HAS, novembre 2009.
N° 127 - juillet 2011 Cholestérol un bourreau des cœurs Polichetti & al. INSERM U476, Marseille. Life science 2000
Ravnskov U. Le cholestérol est-il responsable de l'athérosclérose Quarterly Journal of Medicine 2002; 95: 397–403
Ravnskov U. High cholesterol may protect against infections and atherosclerosis (Avoir un taux de cholestérol élevé pourrait conférer une protection vis-à-vis des infections et de l'athérosclérose). Quarterly Journal of Medicine 2003; 96: 927–34
Effects of the Amount and Intensity of Exercise on Plasma Lipoproteins cCartney, M.A., Connie W. Bales, Ph.D., R.D., Sarah Henes, R.D., Gregory P. Samsa, Ph.D., James D. Otvos, Ph.D., Krishnaji R. Kulkarni, Ph.D., and Cris A. Slentz, Ph.D.(L'exercice physique, même sans perte de poids, réduit le cholestérol)
N Engl J Med 2002; 347:1483-1492 November 7 2002.